"Ma vie de Courgette" : pas si potache

Les amis de Courgette
Jean-Marie Chazeau

Un film d'animation sur l'enfance,  pas seulement pour les enfants... Applaudi et récompensé dans bien des festivals, de Cannes à Angoulême, Ma vie de Courgette atteint l'équilibre parfait entre émotion et drôlerie, sans jamais en rajouter. 

Il a 9 ans, n’a pas de papa, et sa maman alcoolique et dépressive vient de mourir, par sa faute... Il s’appelle Icare, mais elle l’avait surnommé Courgette, pour le ridiculiser. Pourtant, à son arrivée à l’orphelinat, il préfère qu’on l’appelle comme le faisait sa maman… Voilà le point de départ de ce film d'animation, tourné en "stop motion", image par image.

 
Une dose de diversité

Avec ses cheveux bleus et ses grands yeux, Courgette est le personnage central de ce petit monde : en le regardant, on est loin d’imaginer qu’il a fallu trois ans de travail, au rythme de 40 secondes d’images tournées par jour, pour faire bouger ces petits personnages. Petit miracle, ça fonctionne et l’émotion passe.
Parmi les amis de Courgette, il y a une petite fille noire qui croit à chaque voiture qui s'arrête à l'orphelinat que c’est sa mère qui vient la chercher, running gag à la fois triste et drôle... Avec leur copain Ahmed, tous deux ajoutent une dose de diversité dans cette histoire. Pas étonnant quand on sait que la scénariste, Céline Sciamma, est la réalisatrice de Bandes de filles il y a deux ans. Inspiré d’un livre à succès de Gilles Paris, Autobiographie d’une courgette, ce film signé Claude Barras est particulièrement soigné : un régal pour les yeux, mais aussi pour les oreilles, avec une bande son impeccable où les voix des enfants sont faites par des vrais enfants.

Un feel good movie comme on dit, un film qui fait du bien, sans jamais en rajouter. Un vrai bonheur. Et drôle en plus, pour tous les âges.