"I am not your negro" : négritude US

James Baldwin
© Dan Budnik | L'écrivain américain James Baldwin
Jean-Marie Chazeau

Raoul Peck a réalisé un documentaire coup de poing, nommé aux Oscars, et qu’Arte vient de diffuser en VF. Avec un texte inachevé de James Baldwin, il revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains. En salles mercredi 10 mai, journée de mémoire de l'esclavage en France.

Joeystarr dans la VF
« Un film qui fait réfléchir sur les relations inter raciales »… C’est ainsi que le New York Times saluait la sortie aux Etats-Unis du dernier Raoul Peck, « I’m not your negro » ("Je ne suis pas votre nègre » dans la version française diffusée par Arte le mois dernier). Film qui a manqué de peu l’oscar du meilleur documentaire en février.
Un film coup de poing, dans le fond comme dans la forme, qui reprend les mots mêmes de l’écrivain afro-américain James Baldwin, avec la voix profonde de Samuel L. Jackson dans la version originale, celle plus rocailleuse de Joeystarr pour la VF...


Kaleïdoscope étourdissant
40 après avoir été écrits, ces phrases permettent de mieux comprendre l’Amérique d’aujourd’hui tant l’analyse est pertinente : en déconstruisant les mythes fondateurs qui en ont gommé bien des aspects. Le kaleidoscope est étourdissant, mêlant images d’actualités, publicités, extraits d’émissions télévisées, de films, et bien sûr la musique…
C’est aussi l’occasion de mieux comprendre qui étaient Malcom X, Martin Luther King, mais aussi Medgar Evers, trois hommes qui ont lutté chacun à leur façon, pour les droits de la population noire américaine, tous les trois assassinés en cinq ans seulement.
Raoul Peck a voulu faire un film libre, n’hésitant pas à triturer ses archives pour mieux se caler sur la pensée de James Baldwin. Le résultat fait réfléchir, en effet, mais c’est aussi un véritable plaisir visuel.
2 minutes warning (1965)
© DR

Projections et débats
Des débats sont programmés après la projection dans plusieurs salles, lors d'avant-première et lors de l'exploitation du film, grâce au collectif James Baldwin, comme ici au cinéma l'Arlequin vendredi 5 mai :