"Le Gang des Antillais" : Boum Bumidom

Le gang des Antillais
Jean-Marie Chazeau

Le nouveau film de Jean-Claude Barny (Neg Marrons), distribué avec succès aux Antilles, déboule sur les écrans de l’hexagone : un polar politique qui nous ramène aux années 70 et à la migration des Antillais vers la métropole, au temps du BUMIDOM (bureau des migrations d’outre-mer).

Le film commence par une archive gaullienne, qui rappelle comment des Antillais ont été encouragés à venir trouver du travail en métropole, faute de voir leur île se développer … Et ont reçu un accueil parfois très difficile...


De quoi nourrir la rancœur et pousser à la dérive certains jeunes Antillais qui ne parvenaient pas à s’en sortir. …
C’est ce que raconte le film de Jean-Claude Barny, inspiré du livre écrit par Loic Léry, qui fut un des membres de ce gang auteur d’une trentaine de braquages de bureaux de poste en région parisienne dans les années 70…
En tête d’affiche, quatre comédiens noirs, ce n’est pas si fréquent dans le cinéma français. Dans ce gang des Antillais, on ne trouve qu’un Martiniquais, Vincent Vermignon, aux côtés de très bons acteurs comme Eriq Ebouaney ou Adama Niane, qui jouait Guy Georges dans l’affaire SK1. Dans le rôle de Loïc Léry, Djédjé Apali, vu dans des films ivoiriens et chez Claire Denis. Tous avec un look très seventies

Codes de la Blaxploitation

Le réalisateur joue avec les codes du cinéma noir américain de l’époque, celui de la blax ploita tion, écrans divisés, look d’enfer et grands coups de cuivre funky.
Dommage que du rap d’aujourd’hui s’invite dans la reconstitution, anachronique…
Film de genre un peu fauché (on n’y voit qu’un seul braquage), le Gang des Antillais a le grand mérite de mettre en lumière une page d’histoire méconnue, des jeunes générations antillaises, et plus encore des métropolitains… Il permet aussi de constater que, dans un petit rôle, Jocelyne Berouard a vraiment une sacré présence.

Zita Hanrot et Djedje Apali
© Les films d'ici


Mais il y aussi Mathieu Kassovitz en patron de bar de quartier à la gachette facile, Lucien Jean Baptiste incarnant Patrick Chamoiseau, éducateur de prison qui a mis Loic Léry à l’écriture… Et Zita Hanrot, Césarisée en février et vue dans Rose et le Soldat.