Santé et réconciliation

Ferdinand Mélin-Soucramanien
Edwige Saint-Thomas

Les soutiens de François Fillon le réaffirment : les fonctionnaires ultramarins vont bien échapper à la cure proposée par leur candidat. La santé au cœur des débats. Pour la guyanaise Christiane Taubira « il n’y a pas de gauche irréconciliable ».

François Fillon a travaillé en conformité avec le droit

Les activités de l'ancien Premier ministre au sein de la société 2F Conseil sont légales estime Ferdinand Mélin-Soucramanien. Le Réunionnais, déontologue de l’Assemblée nationale, saisi par des députés de la majorité, rajoute dans son courrier, que le candidat de la droite, "n’est pas intervenu en faveur d’un de ses clients lors des débats au Parlement". Plusieurs personnalités politiques étaient montées au créneau pour dénoncer un risque de trafic d’influence notamment avec la société Axa.
 

Reculade, réajustement, ou plagiat ?

Le candidat de la droite et du centre l’avait annoncé lors d’un meeting, à l’île de la Réunion : les fonctionnaires ultramarins ne seront pas concernés par les réductions d’effectifs contrairement à leurs collègues de l’Hexagone. L’information a été confirmée une nouvelle fois par le député Les Républicains Dominique Bussereau, hier sur France Info. Prenant en exemple la Réunion et la Guyane, il a estimé "légitime que les territoires des Outre-mer aient un traitement différents par solidarité nationale, dans le cadre du rééquilibrage des richesses".

Les adversaires de François Fillon voient, eux, dans cette mesure une nouvelle reculade. Même constat de leur part au sujet de sa réforme santé. Il y a deux mois, l’ancien Premier ministre avait provoqué la polémique jusque dans son camp, en proposant de "focaliser" l'assurance maladie, sur les "gros" risques, alors que les "petits" seraient remboursés par les mutuelles ou les assurances privées.
Ils proposent désormais un programme plus consensuel, à base de remboursements. De quoi faire réagir ses adversaires : "Comment peut-on d’un côté dire qu’on fera 20 milliards d’économie sur la sécurité sociale, et rajouter en plus, 20 milliards, sous la forme d’un remboursement intégral des lunettes, des prothèses auditives et des prothèses dentaires d’ici 2022 ?" s’interroge Benoît Hamon le candidat de la gauche.
 
Emmanuel Macron, qui propose la même mesure, préfère lui, manier l’ironie : "C’est un paradoxe, parfois on dit que vous n’avez pas de programme, mais on peut le recopier".
 

La liste se précise

A deux mois du 1er tour de l’élection présidentielle, on commence à voir plus clair sur les potentielles candidatures.
Jacques Cheminade, du parti solidarité et progrès, a annoncé hier avoir les 500 parrainages d’élus. François Bayrou le président du MoDEM doit, lui, dire aujourd’hui devant la presse, s’il se présente ou pas. Yannick Jadot d'Europe-Ecologie-les Verts va également se prononcer cette semaine sur une alliance ou non avec Benoit Hamon.
 
En revanche, un accord avec Jean Luc Mélenchon le candidat de la France Insoumise parait plus difficile. Même si plusieurs personnalités de gauche l’espèrent. C’est le cas de la Guyanaise Christiane Taubira. L’ancienne ministre de la justice considère que "les différentes sensibilités de gauche n’ont rien d’irréconciliable". Dans cet entretien, accordé au quotidien Le Monde, elle affirme également qu’elle va participer autant que possible à cette campagne : "J’aime le contact avec les gens, aller sur les marchés, faire les immeubles, expliquer les choses" a-t-elle déclaré.