Des députés ultramarins alertent sur les violences faites aux femmes en Outre-mer

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© PATRICK KOVARIK / AFP

Quatre députés ultramarins du groupe Nouvelle gauche ont interpellé lundi la Secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes sur la nécessité de maintenir le financement d'une enquête sur les violences faites aux femmes à La Réunion, en Guadeloupe et en Martinique.

La1ère.fr avec AFP Publié le , mis à jour le

Dans une lettre à la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, Ericka Bareigts (La Réunion), Hélène Vainqueur-Christophe (Guadeloupe) et Serge Letchimy et Josette Manin (Martinique) demandent de maintenir le financement d'une enquête sur les violences faites aux femmes à La Réunion, en Guadeloupe et en Martinique. Les quatre députés sont en photo dans ce tweet de Serge Letchimy :


Morts violentes

"Nous manquons de connaissances fines et précises pour expliquer les taux plus élevés de violences faites aux femmes dans les territoires ultramarins", ont expliqué les quatre députés ultramarins. "Les chiffres publiés par le Ministère de l'Intérieur, le 1er septembre, dans son étude nationale relative aux morts violentes au sein du couple durant l'année 2016 sont des plus inquiétants", ont ils déploré, soulignant qu'"avec 10 homicides sur les 138 recensés dans l'ensemble du territoire en 2016 (soit 7,25% des homicides constatés dans notre pays alors que les Outre-mer ne comptent que 4% de la population), les départements et collectivités ultramarins sont en moyenne davantage touchés par ce phénomène alarmant".


Problème de financement

"L'Etat participait au financement de l'enquête nationale sur les violences subies et les rapports de genre (Virage) menée par l'Institut National d'Etudes Démographiques (Ined) dans les départements de La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique", mais "en raison de la baisse des crédits budgétaires affectés à la mission Droits des femmes, le financement de cette enquête nationale est désormais compromis et celle-ci pourrait bien ne jamais être menée", dénoncent les quatre élus.

Mauvais signal

Pour eux, "la suspension de cette enquête constitue un très mauvais signal : les pouvoirs publics doivent garder pour priorité la lutte contre les violences faites aux femmes dans les Outre-mer". Ils jugent "essentielle" la mise en oeuvre de Virage "en Guadeloupe, Martinique et à La Réunion (voire son extension à la Guyane dont les chiffres sont particulièrement alarmants à cet égard)".

Guyane en première place

A La Réunion, où 4 femmes ont été tuées par leurs partenaires en 2016, le taux d'homicide conjugal place le département en troisième position au niveau national (0,46 pour 100.000 habitants), la première place étant occupée par la Guyane (1,17)", détaillent-ils. "La Guadeloupe a compté un homicide au cours de l'année 2016. Enfin, si la Martinique n'a pas connu d'homicide, la situation n'en reste pas moins préoccupante du point de vue des violences faites aux femmes", ajoutent-ils.