Une délégation du Conseil de sécurité en Haïti avant le départ des Casques bleus

jovenel moise
© HECTOR RETAMAL/AFP | Le président du Conseil de sécurité Sacha Sergio Llorenty Solíz (à droite) et le président haïtien Jovenel Moïse au Palais national, à Port-au-Prince, le 22 juin 2017.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a entamé jeudi une visite de 48 heures en Haïti afin d'évaluer la situation du pays, trois mois avant le départ des Casques bleus de la mission onusienne déployée dans le pays depuis 2004.

La1ere.fr (avec AFP) Publié le , mis à jour le

Le président Jovenel Moïse et les membres de son gouvernement ont fait attendre plus de 40 minutes la délégation du Conseil avant de se présenter à la réunion de travail programmée, un choix diplomatique salué par les détracteurs de la mission des Nations Unies pour la stabilité en Haïti (Minustah).
           
Car cette visite est loin de plaire à tous dans le pays et surtout aux victimes du choléra, une épidémie introduite en octobre 2010 par des Casques bleus népalais qui a déjà fait plus de 9.000 morts. "Le choléra nous a condamnés, nous a ruinés en plus de continuer à tuer des gens ici", a regretté Nanouche François au côté de 200 manifestants regroupés jeudi matin devant la principale base de la Minustah à Port-au-Prince.
           

Excuses aux Haïtiens 

En décembre, l'ancien secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon avait présenté des excuses aux Haïtiens mais l'ONU considère ne pas être légalement responsable de la situation. "C'est une sorte de déni de justice : les Nations unies n'ont même pas mis en place la commission de réclamation permanente qui avait pourtant été annoncée en décembre", déplore Mario Joseph, à la tête du cabinet d'avocats des victimes.
           
La colère des manifestants est d'autant plus vive que le fonds d'aide de l'ONU aux victimes est un fiasco : depuis décembre, seuls 2,7 millions de dollars ont été récoltés sur les 400 millions nécessaires. "Nous reconnaissons qu'il y a un problème et nous sommes ici pour réitérer l'engagement des Nations Unies et de la communauté internationale à travailler ensemble pour faire face à ce problème afin de le résoudre" a expliqué Sacha Sergio Llorentty Solíz, le représentant de la Bolivie au Conseil de sécurité, lors de la conférence de presse.
           

Nouvelle mission de maintien de la paix

Si la situation économique en Haïti reste difficile, l'amélioration du climat sécuritaire a décidé le Conseil de sécurité à voter, en avril, une résolution renouvelant une dernière fois, pour six mois, le mandat de la Minustah. Une fois les derniers Casques bleus partis, l'Onu déploiera une nouvelle mission de maintien de la paix baptisée Mission des Nations unies pour le soutien de la justice en Haïti (Minujusth). Cette nouvelle force sera chargée, sur deux ans, de former les agents de la police haïtienne. Elle comptera environ 1.275 policiers internationaux.
           
La Minustah avait été déployée en 2004 après le départ du président Jean-Bertrand Aristide pour endiguer la violence dans cette nation des Caraïbes, mais elle n'a jamais su gagner la confiance des Haïtiens. Au-delà des conséquences de l'épidémie de choléra dans un pays au système sanitaire très fragile, la Minustah est également marquée par les accusations de crimes sexuels.