Carnaval de Rio : deux accidents graves en deux jours

Dimanche 26 février, le dernier char de la première école de samba, Paraiso do Tuiuti, a blessé au moins 20 personnes
© AGIF | Dimanche 26 février, le dernier char de la première école de samba, Paraiso do Tuiuti, a blessé au moins 20 personnes

Le prestigieux défilé des écoles de samba du carnaval de Rio de Janeiro a une nouvelle fois été terni tôt ce mardi, par un accident grave avec un char, le deuxième de ce type en deux jours. Onze personnes ont été blessées, et neuf ont été hospitalisés, dont deux dans un état grave.

La1ère.fr avec AFP Publié le , mis à jour le

Le prestigieux défilé des écoles de samba du carnaval de Rio de Janeiro a une nouvelle fois été terni tôt mardi, par un accident grave avec un char, le deuxième de ce type en deux jours. Onze personnes ont été blessées, et neuf ont été hospitalisés, dont deux dans un état grave, après l'effondrement d'une plateforme sous le poids des danseurs,
ont indiqué les autorités sanitaires. Huit personnes en état de choc ont aussi été prises en charge par les services de santé.
 
L'accident s'est produit vers 3H00 du matin heure locale (6H00 GMT), lors du défilé d'Unidos da Tijuca, la quatrième à évoluer dans le sambodrome, une avenue de 700 mètres bordée de gradins à ciel ouvert.
 

Paraiso do Tuiuti

Dimanche soir, le dernier char de la première école de samba entrée en scène, Paraiso do Tuiuti, avait blessé au moins 20 personnes, dont plusieurs journalistes, en venant percuter une des tribunes. Dans les deux cas, la plus grande confusion régnait sur la "passerelle de la samba", mais les organisateurs ont toujours insisté pour que les défilés reprennent.


 

Le spectacle continue

Après l'accident de mardi, les ambulances sont arrivées une à une sur la piste pour évacuer les blessés, alors que le service d'ordre tentait d'écarter les dizaines de photographes présents, provoquant de nombreuses bousculades. "J'étais sur la plateforme du char, sur le côté gauche, et tout d'un coup, j'ai vu le côté droit s'effondrer", a témoigné Raissa Ribeiro, danseuse tout juste sortie du véhicule, en pleurs. "Les gens sont tombés à l'intérieur du char et certains sont restés coincés dans la ferraille", a-t-elle expliqué.
 

Comme si de rien n'était

Après plus d'une demi-heure de grande tension, le char a fini par parcourir les 700 mètres de l'avenue prévu pour le défilé, sous les applaudissements du public, avec les pompiers sur le toit et quelques danseurs en pleurs sur les côtés. Quelques minutes plus tard, l'école de Portela, la plus titrée du carnaval de Rio, a enchaîné avec son défilé, comme si de rien n'était.

Dimanche, les conducteurs ont perdu le contrôle du char, sous la pluie fine qui tombait sur Rio, et les victimes se sont retrouvées coincées entre le grillage et le véhicule. Malgré la panique générale, les organisateurs ont décidé que le spectacle "devait continuer" et ont fait en sorte que l'inspection du char ne se fasse qu'après le défilé.

Rio de Janeiro le  dimanche 26 février 2017
© Alex Ribeiro / AGIF | Rio de Janeiro le dimanche 26 février 2017

 

Un vrai désastre

La fille d'un des 20 blessés, Rafaela Anastasia, s'est insurgée contre cette décision au micro de TV Globo. "Ma mère était coincée dans le grillage et eux, leur seule préoccupation, c´était le défilé. Mon Dieu, c'est irréel", a-t-elle dénoncé. Selon le site d'information G1, le chauffeur a été entendu par la police et a demandé pardon aux victimes. Ses enfants ont en revanche déclaré que l'école Paraiso do Tuiuti était responsable de l'accident, pour ne pas avoir prévenu leur père que le camion serait relié à un autre char. 
 

"Ca n'aurait jamais du arriver"

"C'est la première fois qu'un incident de ce type se produit, justement un jour de pluie, avec un char à la roue défectueuse", a déploré, fataliste, Elmo José, directeur du carnaval pour le compte de la Ligue Indépendante des écoles de samba (Liesa). "Ça n'aurait jamais dû arriver, c'est un vrai désastre. Je n'avais jamais vu un truc pareil", a estimé pour sa part Rafael, chauffeur de char pour Uniao da Ilha, première école de samba à défiler lundi, peu après 22hH0 locales (01H00 GMT mardi). "C'est un vrai travail d'équipe, je dois suivre à la lettre les orientations d'un guide, qui me fait des signes. S'il ne bouge pas, je m'arrête net", a expliqué ce jeune homme de 26 ans. 

Un autre incident, sans gravité, s'est produit avec un char de l'école Mocidade, la troisième à défiler dans la nuit de lundi à mardi. Une femme a fait une chute
d'environ un mètre cinquante, quand une structure du char en forme de fromage s'est effondré. L'image était impressionnante, mais la danseuse s'en est sortie indemne, avec
juste une belle frayeur.