"Ca fait du bien de voir que Clarissa n'est pas oubliée"

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Clarissa Jean Philippe Carrières sous Poissy
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Maïté Koda

La ville de Carrières-sous-Poissy a rendu hommage à la policière martiniquaise Clarissa Jean-Philippe, décédée le 8 janvier 2015 sous les balles du terroriste Amedy Coulibaly. Une démarche saluée par ses proches qui craignaient que son nom ne tombe dans l'oubli.

"Clarissa est née à  Fort-de-France en Martinique. C'est de cette terre qu'elle tira sa fierté, sa joie de vivre, son amour pour les autres. (…) Elle était radieuse, tout heureuse, si épanouie. Elle avait 26 ans". C'est avec ces mots que, dimanche 8 janvier, le maire de Carrières-sous-Poissy (78) a salué la mémoire de Clarissa Jean-Philippe, qui habitait la commune depuis quatre ans lorsqu'elle a été abattue à Montrouge par un terroriste.
 

Victime du terroriste de l'Hyper Casher 

Clarissa était policière municipale, en passe d'être titularisée. Ce 8 janvier 2015, alors qu'elle intervient sur accident de circulation à Montrouge (92)  elle croise la route d'Amedy Coulibaly, auteur de l'attentat de l'Hyper Casher, porte de Vincennes à Paris.  Le terroriste ouvre le feu sur la policière, qui lui tourne le dos. Elle succombe à ses blessures.
 

Une cérémonie au pied de son immeuble

Ce dimanche à Carrières-sous-Poissy, une centaine de personnes, habitants de la commune, associations d'anciens combattants et proches de Clarissa se sont réunies au pied de l'immeuble où la jeune femme résidait avec son compagnon. A quelques mètres de là, les berges de Seine ou elle avait l'habitude de pratiquer son footing. Devant le square portant son nom, des gerbes ont été déposée avant l'hommage solennel et la Marseillaise.
 

 
"Clarissa a fait obstacle au parcours d'un assassin"

Christophe Delrieu l'assure: chaque année, sa commune rendra hommage à Clarissa Jean-Philippe. "Clarissa a été assassinée parce qu'elle était policière municipale. Elle a fait obstacle au parcours de cet assassin, qui se dirigeait probablement vers une école juive", rappelle-t-il.


"Ca me fait du bien de voir qu'elle n'est pas oubliée"

 La cérémonie en elle-même a duré une quinzaine de minutes. Un travail de mémoire important pour Sonia Jean-Philippe, la tante de Clarissa. C'est elle qui a hébergé Clarissa lors de son arrivée dans l'Hexagone, en 2010. "Ça me fait du bien, de voir qu'on a organisé ça pour elle, et qu'elle n'est pas oubliée. Ma sœur vit en Martinique, (la mère de Clarissa, ndlr), je pense qu'elle sera heureuse de voir cela", se réjouit-elle d'une voix mal assurée.

Elle-même reconnait que sa douleur est intacte. "Elle me manque beaucoup. Je souffre de sa perte. Elle était à mes côtés, elle venait souvent chez moi, et j'ai du mal à m'en remettre deux ans après", reconnaît-elle.